Faite moi le récit démesuré de vos annales, raffiné d'un soupçon d'aberration , pas trop, juste assez pour sauver l'auditoire d'un ennui mortel, bien que déjà agacé de ne pouvoir faire son propre discours, ou convaincre l'interlocuteur biaisé que vos paroles ne manquent complètement d'intérêt.
Menez a terme cette compétition narcissique, cette guerre de la salive enfoui sous les allures trompeuses d'une curiosité mutuelle. Je vous laissera alors volontiers y remporter la victoire, épuisée & honteuse d'avoir osé attendre ce point d'orgue, cette pause solennelle qui me permettrait de vous couper la parole.
Je baisserai les bras, bonne perdante cependant, car le seul fondement de ma participation a ce jeu fut résumé en l'espoir naïf qu'après avoir perdu le souffle, l'inspiration ou le cour de vos mots vous me disiez à votre tour: Parlez-moi de vous
